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9 décembre 2016 5 09 /12 /décembre /2016 16:19

Encore une réaction à la suite des résultats catastrophiques de la France au TIMSS

Mais est-ce vraiment la bonne voie ?*

 

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L’enquête internationale Timss 2015 affiche de très mauvais résultats pour la France en maths et en sciences. Réaction de Sylvie Bonnet, présidente de l’Union des Professeurs de classes préparatoires Scientifiques.


Ce constat nous l’avions fait et déjà porté devant le ministère depuis la rentrée 2013. Nous ne sommes pas surpris ! Ces résultats, très inquiétants, ne font que corroborer nos propres analyses. Toutefois, ce que je trouve choquant est que nous assistons à un décrochage de la France vis-à-vis des autres pays européens. Là où l’on avait historiquement un rôle de leader, on se retrouve à être dernier du classementLes résultats de l’enquête internationale Timss sur les mathématiques et les sciences ont été rendus publics mardi 29 novembre. Ils décrivent une importante chute des performances en terminale S et de grandes difficultés en primaire. Quelle est votre réaction face à ce constat ?

Les élèves allemands de CM1 ont obtenu un score moyen de 522 points en maths tandis que la France en a récolté 488. Pourquoi un tel écart avec nos voisins européens ?

Les constats ont été faits beaucoup plus tôt de la part de nos voisins européens. Les Allemands, par exemple, ont obtenu de très mauvais résultats lors de l’enquête PISA 2000. Le pays était en dessous de la moyenne de l’OCDE et se retrouvait à la 22ème place sur 32. En très peu de temps, l’Allemagne a adopté avec succès un vaste programme de réformes pour remonter la pente. En Finlande aussi, il y a eu des modifications dans les systèmes d’enseignement qui ont conduit les élèves à améliorer leurs performances. C’est maintenant au tour de la France de s’apercevoir que le bilan est critique et qu’il faut s’en emparer pour apporter des remédiations immédiatement.

Selon Najat Vallaud-Belkacem, le retard de la France serait lié à des professeurs des écoles « trop fragiles en mathématiques« , car ils sont souvent originaires des filières littéraires ou sciences humaines. Que lui répondez-vous ?

Si la ministre pense que le problème soulevé est celui-ci, pourquoi n’y a-t-il pas eu de remédiation plus tôt ? C’est incroyable de voir que le constat est fait, qu’une explication est trouvée et que nous n’essayons pas de résoudre ce problème. Il y a un moyen très simple pour le faire, cela s’appelle la formation ! La France a besoin de rénover les dispositifs de formation initiale et continue pour les enseignants, quels qu’ils soient, à tous les degrés. Certes, la plupart des professeurs des écoles recrutés sont essentiellement issus des filières littéraires, ce constat ne date pas d’hier, mais il est absolument indispensable de leur donner les moyens et les outils nécessaires pour enseigner correctement les bases des mathématiques. Il faut réagir au plus vite !

L’enquête pointe également du doigt la chute importante des résultats en terminale S (près de 100 points en moins en 20 ans). Selon vous, que doit faire la France pour retrouver voire dépasser ses résultats d’il y a 20 ans ?


Il faut que la France se lance dans une rénovation des contenus enseignés et qu’elle réfléchisse à la structure du lycée. Par exemple, constater que la filière S n’est pas une filière de formation scientifique mais plutôt une filière de formation générale car les élèves sont amenés à étudier diverses disciplines. Nous devons aussi voir s’il est possible d’aménager à l’intérieur de cette filière une voie renforcée pour la formation scientifique. Il apparaît, en effet, indispensable d’essayer de donner à tous les élèves de terminale S, qui ont envie de s’engager dans l’enseignement supérieur scientifique, les moyens de réussir. Pour cela, tous doivent avoir la possibilité de bénéficier d’un renforcement en sciences sur les heures d’accompagnement personnalisé, ce qui permettrait d’augmenter leur compétence dans cette discipline. Mais ces heures d’accompagnement personnalisé servent le plus souvent de variables d’ajustement dans la fabrication des emplois du temps et ne contribuent à la formation scientifique que dans certains lycées favorisés, ce qui augmente le caractère inégalitaire de l’Education !

Quand le ministère affirme que les élèves français seraient parmi ceux qui reçoivent le plus d’heures de mathématiques, vous répondez dans un récent communiqué de presse que « ce calcul de 222 heures dans une année scolaire est faussé ». Pourquoi ?

Oui, le calcul est faussé : il ne représente que très peu d’élèves ! A la rentrée 2013, nous avions fait une courte enquête sur les élèves qui venaient d’entrer en classes préparatoires scientifiques. Ils devaient répondre à une seule question : combien d’heures de mathématiques par semaine avez-vous reçu en terminale ? Les réponses s’étalaient de 6h à 10h. Tous les élèves n’ont donc pas le même temps dédié à cet apprentissage. Le calcul établi par le ministère prend, en effet, en compte les 2 heures de spécialité mathématiques, alors que seuls 20% des élèves de terminale S ont la spécialité mathématiques et que même en se restreignant au public des classes préparatoires scientifiques, ils restent minoritaires. Avec 6 heures de maths par semaine, pour la plupart des élèves en S, on ne peut pas totaliser 222 heures dans une année scolaire, surtout celle du bac ! Et même en admettant que ce soit le cas, ce qui est très contestable, il faudrait en tirer des conclusions drastiques sur les programmes scolaires…

Selon vous, ces résultats inquiétants impactent-ils fortement les classes préparatoires scientifiques, les écoles d’ingénieurs voire les entreprises qui recrutent ces jeunes ?

C’est toute notre inquiétude ! Pour répondre à cette problématique, nous avons justement mis en place une rénovation des programmes de classes préparatoires à la rentrée 2013 afin d’adapter les contenus et les méthodes d’enseignement aux nouveaux profils de bacheliers. Pour cela, nous avons par exemple aménagé un semestre d’adaptation à l’enseignement supérieur. Celui-ci consiste à apprendre aux élèves les méthodes de travail efficaces dans le domaine scientifique. Avec ceci, nos étudiants s’intègrent correctement et ont moins de mal à comprendre l’enseignement supérieur. Les écoles d’ingénieurs sont, elles aussi, en cours d’adaptation de leur cursus. Mais à force d’adaptation, on finit certainement par avoir une perte de compétences… Les entreprises, qui recrutent ces jeunes, s’en inquiètent aussi. Elles se demandent si ces diplômés vont être capables d’assurer des postes à responsabilités.

Concrètement, que demande l’UPS ?

Nous demandons une réflexion et une rénovation des programmes en sciences afin de déboucher le plus rapidement possible à une réforme tout en prenant le temps de bien la construire. Dans l’urgence, l’UPS demande aussi que les  heures d’accompagnement personnalisé soient fléchées « sciences » pour tous les élèves de première et terminale S qui souhaitent s’orienter vers l’enseignement supérieur scientifique. Enfin, pour ce qui est des chiffres inquiétants en CM2, il faut absolument mettre en place une formation initiale et une formation continue pour les professeurs des écoles afin de les aider à enseigner au mieux les bases des mathématiques.

source : http://www.vousnousils.fr/2016/12/09/timss-une-renovation-des-programmes-en-sciences-est-urgente-596951

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*Et si les enseignants de l'école primaires étaient eux-même victimes de cette pression des mathématiques si particulière à la France (du fait d'un enseignement particulièrement abstrait**)

 

** Concept à préciser. Il s'agit ici d'une abstraction a priori, alors même que la notion d'abstraction suppose un corpus d'où l'on tire un extrait jugé "essentiel".

Ce type d'abstraction est sans support, il forme dans l'esprit de celui qui l'ingurgite, une île de savoir (au mieux) déconnecter de tout sens qui survivrait ... ailleurs (non transférable, transposable, généralisable) 

 

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Autres articles de la même source

L'enquête TIMSS 2015, qui préfigure l'étude PISA, offre un aperçu des résultats en maths et en sciences. Les chiffres pour la France sont inquiétants, surtout en CM1, avec des élèves en dessous de la moyenne européenne.

 

TIMSS 2015 : comment expliquer les mauvais résultats en maths et en sciences ?

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30 novembre 2016 3 30 /11 /novembre /2016 07:30

(La France entière prend connaissance des derniers résultat de l'étude TIMSS)

----------------------- Article de lalsace.fr -------------------------------------------------------------------

Les petits Français de CM1 ont rendu de bien mauvaises copies de mathématiques. Ils terminent en queue d’un classement européen. Des résultats « inacceptables » pour la ministre de l’Éducation, qui met en cause… le précédent gouvernement Fillon.

 
L’étude TIMSS existe depuis 1995 mais les CM1 français y ont participé pour la première fois en 2015. Photo Le Progrès

 

Non, le pays de Jules Ferry et Henri Poincaré n’est pas une référence en maths et en sciences. Une nouvelle étude internationale, publiée hier, vient confirmer les mauvaises notes des écoliers français (*) : à 10 ans, c’est-à-dire au niveau CM1, ils sont les cancres de l’Union européenne et parmi les plus faibles des pays de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques). Leur score ? 488 points, ce qui les place bons derniers en Europe, et seulement devant le Chili au niveau de l’OCDE. Ainsi, les écoliers français se classent bien en deçà de la moyenne internationale, fixée à 500. Pire, avec un score en dessous de 400, 13 % des élèves ne possèdent pas les connaissances élémentaires.

Beaucoup d’heures mais pas de progrès

Ce mauvais « bulletin » n’est pas vraiment une surprise. Il vient corroborer celui de la sacro-sainte enquête Pisa (la prochaine sera publiée le 6 décembre). Et s’ajoute aux piètres résultats en anglais, constatés dans une autre étude, celle de l’institut Éducation First (EF EPI), publiée la semaine dernière.

En tête de peloton ? Cinq pays d’Asie, abonnés aux félicitations, dont Singapour, grand gagnant du test avec 618 points. Le premier pays européen, l’Irlande du Nord, ne pointe qu’en 6e position au classement général (570 points).

Comment expliquer le retard français ? Pas par l’emploi du temps. Les enseignants consacraient au moment de l’enquête 193 heures par an aux mathématiques, soit davantage que les consignes des programmes de 2008 alors en vigueur (180 heures annuelles préconisées) et beaucoup plus que dans les autres classes européennes (158 heures en moyenne déclarées).

Formations : les profs visés

Dans la foulée des résultats publiés hier, le gouvernement a dégainé une justification politique : « Ces élèves sont ceux qui paient au prix fort les choix politiques d’hier, c’est-à-dire du gouvernement Fillon », a lancé Najat Vallaud-Belkacem, la ministre de l’Éducation saisissant l’aubaine pour vanter ses nouveaux programmes, « moins lourds », appliqués depuis la rentrée 2016, tout en donnant un subtil avertissement après le verdict de la primaire de la droite. Et la ministre de vilipender la disparition de la formation des professeurs des écoles – remise en place sous François Hollande – les 80 000 suppressions de postes sous Nicolas Sarkozy, et la « formation continue réduite à peau de chagrin ». De fait, les professeurs des écoles en France sont à 80 % issus de filières non scientifiques. Ils éprouvent davantage de difficultés que leurs voisins européens dans la transmission de ces disciplines, et ressentent globalement moins de satisfaction professionnelle dans leur travail.

Autre raison susceptible d’expliquer cette faiblesse en maths : l’approche souvent trop abstraite de la discipline. Outre-Manche, par exemple, où les résultats se sont significativement améliorés en vingt ans, les élèves manipulent ballons, cubes, pour comprendre divisions et soustractions, quand, en France, on garde son stylo et on apprend par cœur les tables de multiplication. Les ordinateurs restent aussi sous-utilisés.

Paradoxe, la France compte douze médailles Field, le Graal des mathématiques, dont Cédric Villani, sacré en 2010. Seuls les États-Unis sont davantage titrés. Il faut croire que les forts en maths préfèrent s’orienter vers des métiers plus valorisants financièrement et socialement que l’enseignement, ou s’exiler à l’étranger…

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Source : http://www.lalsace.fr/actualite/2016/11/30/maths-le-zero-pointe-des-ecoliers-francais

 

 

 

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