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30 novembre 2016 3 30 /11 /novembre /2016 19:49

 

source : http://www.slate.fr/story/129959/maths-blocage

Il est temps de réagir car le niveau des élèves français de primaire est extrêmement inquiétant.

Les mathématiques, voilà un sujet compliqué pour les enfants, leurs parents et les profs: à la fois instrument de sélection impitoyable au lycée, source d’une peur irrationnelle et objet d’un mépris parfois un peu facile. Mais le résultat qui est tombé ce mardi 29 novembre fait l’effet d’une grosse claque. Nuls, nous sommes nuls, nuls en maths.

Nous, les Français. Nous sommes les derniers d’Europe d’après l’évaluation Timss 2015, évaluation effectuée par l’IEA –une agence non gouvernementale qui effectue ses travaux en collaboration avec les systèmes éducatifs des pays étudiés– pour les élèves de CM1. D’après cette étude, 23% des CM1 français ont un «bon niveau» dans la discipline alors que la moyenne pour les pays européens est de 48%. Cela corrobore les évaluations françaises selon lesquelles 40% de nos élèves sont en difficulté en maths à la sortie de l’école primaire. À ceci s'ajoute, d'après l’étude Timss, le constat pour les sciences est similaire (seulement 22% d’élèves considérés comme bons). Et ce n'est pas le nombre d'heures consacrées à la discipline qui est en cause, d'autres pays font beaucoup mieux avec des horaires équivalents ou moindre. Un autre volet de l’enquête concerne les élèves de terminale scientifique, le niveau s’est effondré en vingt ans.

 

Ça fait mal non? J’ai passé une grande partie de ma journée sur les réseaux sociaux à lire des commentaires sur la question et à échanger. Les partisans de la droite accusaient Najat Vallaud-Belkacem, ceux de gauche… François Fillon (ministre de l'Éducation pendant quatorze mois en 2004-2005). La ministre avait son diagnostic: c’est surtout la faute à la suppression de la formation des enseignants (2007), aux suppressions de postes et aux programmes scolaires mis en place par la droite en 2008. Au pays de Descartes, on m’a aussi parlé des histoires de frites à la cantine, des règles sur les signes religieux, certains de mes interlocuteurs ont contesté le classement, l'accusant d'avoir un parti pris idéologique et bien sûr d’aucun ont fustigé les pédagogues quand d’autres s’attaquaient aux manques de moyens dans l’Education nationale (les deux n’étant pas incompatibles).

Quelle place ont les maths en France?

On peut tous s’accuser mutuellement et il peut d’ailleurs y avoir du vrai. Il serait toutefois dommage de passer à coté de la vraie question: quelle est la place des mathématiques dans notre société, nos représentations, notre cœur? Quelle image en avons-nous? Que faisons-nous pour passer si massivement à coté d’une discipline si importante? 

Les maths en France sont trop souvent synonymes à la fois d’opacité et d'élitisme. Être nul en maths, c’est vu comme quelque chose qui peut arriver, et contre lequel on ne peut pas vraiment lutter. Je suis toujours choquée par la facilité des individus à avouer, sans aucune honte, qu’ils sont ou ont été nuls en mathématiques et en sciences pendant leur scolarité. Peut-être que je compte davantage de personnes dans mon entourage parce que je travaille à Slate et à France Culture… Il est fréquent que j'entende: «Les maths? J'ai jamais rien compris». Rares sont ceux en revanche qui s’enorgueillissent de ne jamais lire ou d’avoir une orthographe du niveau d'un élève de CE2.

J’ai trouvé intéressant dans les réactions sur Twitter à ce rapport, c’est que la «bulle» des commentateurs habituels a explosé et que de très jeunes gens sont intervenus, à l'image de celui-ci:

Un «blocage» accepté

Être nul en maths, c’est quelque chose qu’on ne devrait pas accepter pour soi-même et/ou pour ses enfants, et ne pas revendiquer comme une partie de son identité. À mon sens, il faudrait éviter de dire devant ses enfants –j’y reviendrai un jour mais les blocages dans les familles c’est très contagieux. Le truc, c’est qu’avec les maths, on se sent facilement excusé car la difficulté en maths, voire en sciences, est perçue comme un blocage… 

Le blocage est tel qu’il existe des thérapeutes spécialisés dans l’apprentissage des mathématiques. Et, depuis des décennies, des spécialistes de la didactique des mathématiques, comme Stella Baruk, essaient de réconcilier le grand public avec la discipline, en particulier en s’intéressant au difficulté de compréhension des élèves. Des élèves qui par exemple ne comprennent pas le vocabulaire employé dans les énoncés et même les nombres. Oui les nombres... Un truc à retenir et à dire aux petits enfants qui apprennent à compter, selon elle: un nombre c’est la représentation d’une quantité, pas un nom dans une liste qui va de 1 à 10, d’où l’importance, de commencer à compter sur ses doigts. Surtout, Stella Baruk lutte contre l’idée que les mathématiques ne sont pas à la portée de tous… Ses livres ont pour objectif, me semble-il, de dire que ces fameux blocages peu

C’est primordial, car si nous acceptons pour nous-même l’idée que nous –ou pire, nos enfants– sommes étanches à certaines disciplines, nous ne faisons que véhiculer un postulat délétère. L'idée que certains ne peuvent pas tout apprendre. On peut être naturellement résistants à certains apprentissages. Mais, l’éducation est une promesse performative. Si l'on dit d'entrée que l’échec est inéluctable, il y a peu de chance que la réussite soit au rendez-vous. L’inverse, heureusement est vrai. Les premières personnes qui doivent penser qu’un enfant est éducable sont ses parents, ses professeurs et lui-même.

Ensuite, les mathématiques ça commence tôt, c’est même très important. Cela peut se faire par le jeu, et commencer à la maternelle, comme en Grande-Bretagne. Le didacticien et spécialiste de la psychologie cognitive Michel Fayol, auteur du formidable «Que sais-je ?» L’acquisition du nombre note que:

«Des différences interindividuelles précoces existent, dès l'entrée à l'école maternelle (et sans doute avant). Ceci justifie l'introduction d'activités liées aux nombres et à l'arithmétique dans les nouveaux programmes de l'école maternelle. Mais, évidemment, cela ne peut avoir d'impact que dans le temps et sous réserve que les enseignant(e)s reçoivent une formation leur permettant de concevoir et mettre en place des activités. Des recherches récentes ont montré que les premières acquisitions arithmétiques ont une influence significative sur les apprentissages ultérieurs.»

Un instrument de sélection

Cela étant, les maths seraient un peu moins effrayantes si elles n’étaient pas devenues un instrument de sélection. Les spécialistes de la discipline regrettent eux-mêmes cet état de fait qui fait beaucoup de mal à l’image des mathématiques. Voici comment les choses se passent: dans les lycées français, les filières sont hiérarchisées et le bac scientifique domine largement. Il est difficile de nier cet état de fait. Il est le «meilleur» des bacs, selon une représentation courante car il est devenu le bac le plus choisi parmi les séries générales, 52,8% des candidats en 2016. (Notez, que j’ai fait une magnifique règle de 3 pour trouver ce pourcentage)

De plus, l'idée selon laquelle les maths sont un levier de sélection masque l’intérêt intrinsèque de la discipline. Cela n'est pas du tout porteur pour la discipline puisque le volet de l’étude qui s’intéresse aux élèves de terminale S et de prépas, indique une sérieuse baisse du niveau sur vingt ans en France. Et c'est une comparaison avec nous-même, pas avec les autres pays.

De plus, si les séries au bac peuvent permettre une pré-spécialisation tant mieux, mais il flatte ce cliché qui consiste à penser les appétences pour les savoirs avec la dichotomie littéraire/scientifique. Sérieusement? Notre cerveau serait formaté en fonction des filières du bac? Vous connaissez des gens qui ne sont ni littéraires ni scientifiques, ni intellectuels, ni manuels… non? Et des gens curieux de tout? Vous aimez la campagne et la mer? Vous aimez le fromage et les desserts? Je continue? Pourquoi se priver du plaisir intellectuel et des émotions procurés par la logique parce que l'on se sent une âme d’artiste ou qu’on aime la littérature, les langues et le sport?

Notons que le blocage en maths touche aussi les élites… Ceux qui ont la parole et font circuler l’information. Parmi les journalistes, les célébrités, les politiques combien de scientifiques?

La faute aux enseignants?

Enfin, les services du ministère qui ont analysés les résultats pointent une vraie difficulté des enseignants du primaire avec la discipline, «pas à l’aise pour rattraper difficultés des élèves en mathématiques» comme l’a déclaré la ministre à la presse mardi matin. Ce que confirme Michel Fayol:

«La majorité des professeurs des écoles se recrute dans les filières littéraires. De plus, beaucoup d'entre eux ont eu avec les mathématiques des relations peu "confortables" et développent à la fois des compétences limitées et une certaine anxiété. Il faut donc réfléchir au recrutement des futurs professeurs des écoles et à leurs formations initiale ET continue. Sinon, les difficultés subsisteront. Notez que le problème se pose également pour l'orthographe.»

 

Il est certain que si on retrouve l’anxiété qui peut circuler dans la société à l’endroit des mathématiques chez les enseignants nous avons de quoi nous inquiéter pour les enfants. Donc oui, la formation des enseignants est centrale. Voici ce que m’explique un formateur en ESPE (école supérieur du professorat et de l’éducation) en mathématiques:

«J'ai du mal à quantifier mais beaucoup ont non pas un niveau faible mais une maîtrise très insuffisante des notions à enseigner (ce qui est quand même très problématique). La plupart des stagiaires (futurs enseignants) ont la «peur» des maths, des mauvais souvenirs avec cette matière et sont presque uniquement sur des techniques, des trucs et astuces sans comprendre le sens de ce qu'ils font (on ne peut donc pas demander aux élèves de le faire par eux-mêmes). C'est notamment très net pour la numération (la numération c’est la représentation des nombres, pour nous en chiffres arabes sur une base de 10), si mal comprise et tellement fondamentale pour tout le domaine nombres et calculs. Ils enseignent avec un souvenir de comment ils ont appris eux en tant qu'élèves.»

Alors que faire? Prendre conscience de la gravité du problème. Pousser les enfants et tous les professeurs des écoles à s’emparer des mathématiques et des disciplines scientifiques sans peur (et sans reproche), et nous inspirer de ce qui fonctionne chez nos voisins. Mieux former les enseignants évidemment, les soutenir et sortir les maths de leur bulle! Les maths, les sciences font partie de la culture, ils font partie de nos vies. Et se souvenir que les mathématiques ne sont ni compliquées ni insurmontables, comme le soulignait Serge Haroche, prix Nobel de physique. À l’école primaire, il s’agit d’enseigner les opérations simples, ne pas donner de recettes et apprendre le raisonnement mathématique. Il en parlait ce mercredi 30 novembre au micro de France Inter:

«Ce qui est également accablant, c’est la réponse qui est donnée: dans les classes primaires, on pense que c’est dû au fait que des enseignants qui ont été formés en sciences humaines ne sont pas capables d’enseigner finalement les tables de multiplication et les fractions.»

Pas seulement mais oui, il faut s’attaquer sérieusement à la peur des mathématiques, ce ne sera pas suffisant mais c'est nécessaire. Et retrouver la confiance et la conviction en notre capacité collective à apprendre. Apprendre dans les deux sens du mot: apprendre nous même et apprendre aux autres.

Quelques trucs à savoir et à faire pour voir les maths autrement:

  • essayer de regarder le film d’Olivier Peyon Comment j’ai détesté les maths; 
  • compter et manipuler les chiffres avec ses enfants, les maths sont dans la vie, grâce à eux on peut comprendre les échanges financiers, calculer le temps, multiplier, diviser, jouer avec les chiffres;
  • cesser d’en faire un instrument de sélection;
  • regarder des vidéos de sciences avec vos enfants;
  • combattre l’idée qu’il s’agit d’une discipline genrée: il n’y a pas de gènes des mathématiques, conforter cette idée de filles rêveuses et littéraire, c’est sexiste et débile (oui, c’est un pléonasme);
  • remiser ses complexes au placard. Oui, ça nous arrive à tous de nous embrouiller avec quelques chiffres, personne n’a une orthographe parfaite. Et alors? On ne concourt pas à la médaille Fields, on cultive notre intelligence et celle de nos enfants.

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30 novembre 2016 3 30 /11 /novembre /2016 07:30

(La France entière prend connaissance des derniers résultat de l'étude TIMSS)

----------------------- Article de lalsace.fr -------------------------------------------------------------------

Les petits Français de CM1 ont rendu de bien mauvaises copies de mathématiques. Ils terminent en queue d’un classement européen. Des résultats « inacceptables » pour la ministre de l’Éducation, qui met en cause… le précédent gouvernement Fillon.

 
L’étude TIMSS existe depuis 1995 mais les CM1 français y ont participé pour la première fois en 2015. Photo Le Progrès

 

Non, le pays de Jules Ferry et Henri Poincaré n’est pas une référence en maths et en sciences. Une nouvelle étude internationale, publiée hier, vient confirmer les mauvaises notes des écoliers français (*) : à 10 ans, c’est-à-dire au niveau CM1, ils sont les cancres de l’Union européenne et parmi les plus faibles des pays de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques). Leur score ? 488 points, ce qui les place bons derniers en Europe, et seulement devant le Chili au niveau de l’OCDE. Ainsi, les écoliers français se classent bien en deçà de la moyenne internationale, fixée à 500. Pire, avec un score en dessous de 400, 13 % des élèves ne possèdent pas les connaissances élémentaires.

Beaucoup d’heures mais pas de progrès

Ce mauvais « bulletin » n’est pas vraiment une surprise. Il vient corroborer celui de la sacro-sainte enquête Pisa (la prochaine sera publiée le 6 décembre). Et s’ajoute aux piètres résultats en anglais, constatés dans une autre étude, celle de l’institut Éducation First (EF EPI), publiée la semaine dernière.

En tête de peloton ? Cinq pays d’Asie, abonnés aux félicitations, dont Singapour, grand gagnant du test avec 618 points. Le premier pays européen, l’Irlande du Nord, ne pointe qu’en 6e position au classement général (570 points).

Comment expliquer le retard français ? Pas par l’emploi du temps. Les enseignants consacraient au moment de l’enquête 193 heures par an aux mathématiques, soit davantage que les consignes des programmes de 2008 alors en vigueur (180 heures annuelles préconisées) et beaucoup plus que dans les autres classes européennes (158 heures en moyenne déclarées).

Formations : les profs visés

Dans la foulée des résultats publiés hier, le gouvernement a dégainé une justification politique : « Ces élèves sont ceux qui paient au prix fort les choix politiques d’hier, c’est-à-dire du gouvernement Fillon », a lancé Najat Vallaud-Belkacem, la ministre de l’Éducation saisissant l’aubaine pour vanter ses nouveaux programmes, « moins lourds », appliqués depuis la rentrée 2016, tout en donnant un subtil avertissement après le verdict de la primaire de la droite. Et la ministre de vilipender la disparition de la formation des professeurs des écoles – remise en place sous François Hollande – les 80 000 suppressions de postes sous Nicolas Sarkozy, et la « formation continue réduite à peau de chagrin ». De fait, les professeurs des écoles en France sont à 80 % issus de filières non scientifiques. Ils éprouvent davantage de difficultés que leurs voisins européens dans la transmission de ces disciplines, et ressentent globalement moins de satisfaction professionnelle dans leur travail.

Autre raison susceptible d’expliquer cette faiblesse en maths : l’approche souvent trop abstraite de la discipline. Outre-Manche, par exemple, où les résultats se sont significativement améliorés en vingt ans, les élèves manipulent ballons, cubes, pour comprendre divisions et soustractions, quand, en France, on garde son stylo et on apprend par cœur les tables de multiplication. Les ordinateurs restent aussi sous-utilisés.

Paradoxe, la France compte douze médailles Field, le Graal des mathématiques, dont Cédric Villani, sacré en 2010. Seuls les États-Unis sont davantage titrés. Il faut croire que les forts en maths préfèrent s’orienter vers des métiers plus valorisants financièrement et socialement que l’enseignement, ou s’exiler à l’étranger…

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Source : http://www.lalsace.fr/actualite/2016/11/30/maths-le-zero-pointe-des-ecoliers-francais

 

 

 

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30 novembre 2016 3 30 /11 /novembre /2016 07:15

Un autre article qui fait le (triste) bilan de l'évolution des performances françaises en mathématiques (et en sciences)

Une interprétation personnelle :

La dictature de la note, alliée à la mauvaise utilisation des examens et concours pour sélectionner les candidats, appauvrit considérablement la matière.

Comme pour les élections politiques, ce qui importe c'est de réussir en tant que candidat (bien préparer - bachoter - l'examen ou le concours - le fond disparaissant au profit d'apprentissages mécaniques et trop rapides de la forme.

Bien évidemment, les commentateurs de ces résultats, attachés à la forme actuelle de l'enseignement, émettront d'autres hypothèses ... voir celle tout à fait fantaisiste du bas de l'article. 

Nos élèves ne deviennent pas des citoyens éclairés et critiques, c'est tout le contraire, ils apprennent trop tôt des recettes et des notions trop compliquées (pas complexes) qui court-circuitent (pour un très grand nombre) leur compréhension.

 

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La dernière étude internationale « Trends in Mathematics and Science Study » montre que le niveau en terminale S a baissé de 107 points depuis 1995. Une dégringolade qui ne surprend pas les professeurs de mathématiques du supérieur.

Avec douze médailles Fields – l’équivalent du prix Nobel en mathématiques –, la France se classe au deuxième rang mondial derrière les Etats-Unis. Depuis peu, elle se distinguait aussi dans les concours internationaux de mathématiques réservés aux lycéens. Mardi 29 novembre, l’étude « Trends in Mathematics and Science Study » (Timss) vient jeter un froid sur ces beaux succès.

Une partie de l’enquête s’intéresse aux performances en mathématiques des élèves de terminale S. Et le constat est sans appel : la France est le pays qui accuse la plus forte baisse (de 107 points), passant d’un score de 569 en 1995 à un score de 463 en 2015. Pis, des trois niveaux scolaires – « avancé », « élevé » et « intermédiaire » – que l’étude distingue, les élèves français ne sont, en 2015, que 1 % à atteindre le niveau « avancé » en mathématiques, et 11 % le seuil « élevé ». Il y a vingt ans, ils étaient respectivement 15 % et 64 %.

Des professeurs peu surpris

« Le programme de mathématiques en terminale S ne prépare plus à l’arrivée dans l’enseignement supérieur. Nous sommes souvent atterrés du niveau des étudiants en première année de licence scientifique. Ils ne savent pas ce que sont les mathématiques, ils ont juste appris des recettes de cuisine pour passer le bac », déplore Aviva Szpirglas, professeure de mathématiques à l’université de Poitiers. Interrogée avant la parution de l’étude Timss 2015, mais informée de la baisse très nette du niveau des élèves depuis 1995.

Martin Andler n’est pas plus étonné. Professeur à l’université de Versailles-Saint-Quentin, président d’Animath, une association qui promeut les mathématiques chez les jeunes, il affirme même que « tous les mathématiciens savent que le niveau a diminué, ils en ont la confirmation avec cette étude très sérieuse ». Selon lui, la France a certes ses « meilleurs élèves, ceux qui participent aux compétitions internationales, mais ils sont la pointe extrême de l’iceberg. Mais nos bons élèves, eux, sont très loin d’être au niveau des bons Anglais ou Américains ». « Ils sont incapables de raisonner, appuie Denis Monasse, qui accompagne des jeunes de terminale qui se destinent à une classe préparatoire scientifique, après avoir enseigné les mathématiques, tant en terminale qu’en prépa, au lycée Louis-Le-Grand à Paris. Ils ne savent plus ce qu’est une démonstration mathématique. On leur apprend à aligner des calculs stéréotypés. »

De l’avis de ces trois professeurs de mathématiques, l’étude Timss enfonce une porte ouverte. Preuve par l’absurde : « Les professeurs des lycées élitistes essaient de maintenir un enseignement parallèle en se raccrochant aux anciens programmes de maths, explique Denis Monasse. A Louis-Le-Grand, par exemple, de septembre à avril, nous préparions les élèves aux études supérieures, puis on les préparait au bac. » Ceux qui n’ont pas la chance de bénéficier d’un tel soutien le paient cher et l’écart se creuse entre les élèves de « lycée normaux » et ceux des « grands lycées », aggravant l’impact du déterminisme social sur les performances scolaires.

Le ministère de l’éducation nationale impute cette baisse du niveau aux programmes scolaires français : ils ne seraient pas « en phase » avec ce qui est demandé dans une évaluation telle que Timss. Il rappelle également que la terminale S attire aujourd’hui des élèves ayant moins « d’appétence » pour les mathématiques qu’il y a vingt ans. Les professeurs interrogés font eux directement le lien avec les réformes du lycée menées depuis vingt ans. D’abord celle des spécialités quand, en 1995, les filières C et D ont été fondues dans une filière S (scientifique) regroupant des élèves de niveaux plus disparates en mathématiques.

Autre explication avancée par ces professeurs, l’obsession des gouvernements, de droite comme de gauche, de fabriquer des « honnêtes hommes », à l’image des savants de la Renaissance dotés d’une large culture générale. « Dans un contexte d’enseignement massifié, cela condamne les lycéens à être superficiels dans tous les domaines », estime Martin Andler. « On a choisi de former des citoyens plutôt que des scientifiques. Voici le résultat », tranche Denis Monasse.

Marine Miller

Journaliste au Monde

Post-scriptum: 
L’étude Trends in Mathematics and Science Study (Timss) parue mardi 29 novembre vient jeter un froid sur les derniers succès des Français en mathématiques. Barande/(CC BY-SA 3.0)

 

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source http://www.montraykreyol.org/article/les-eleves-ne-savent-pas-ce-que-sont-les-mathematiques

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On peut se demander si c'est en apprenant à scratcher dès l'école primaire (sourire)² que tout s'arrangera.

(A moins que cette "diversion" vers la programmation ne soit un moyen de contourner l'omnipotence de la matière et de ses contenus enseignés de façon de plus en plus efficaces, au moyen d'outils pédagogiques de plus en plus intrusifs, sans passage par les phases indispensables à la compréhension : sensibilisation, information, apprentissage ... et éventuellement lorsque c'est nécessaire systématisation des acquis.)

 

voir aussi

TIMSS 2015: LA FRANCE CHUTE DANS LE CLASSEMENT DES MATHÉMATIQUES

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29 novembre 2016 2 29 /11 /novembre /2016 23:12

(Les résultats de la France 488 se situent sous ceux de tous les pays européens, juste avant ceux de la Turquie !)

 

La France est dernière en Europe du classement TIMSS 2015 sur les Mathématiques... Elle est même avant dernière sur les Sciences...

Triste nouvelle pour le système éducatif Français. Selon le classement du TIMSS 2015, à 10 ans, les écoliers Français sont les plus nuls de l’Union européenne. Seul un pays se classe derrière l’hexagone en Sciences, Chypre. Le classement de cette étude est réalisé après avoir fait passer des tests à des milliers d’élèves qui sont engagés dans leur quatrième année de scolarité obligatoire, c’est à dire en CM1 en France.

Le score des écoliers français est de 488 points en mathématiques et 487 en sciences. La moyenne internationale du TIMSS 2015 est de 500. La moyenne européenne est elle de 527 en maths, 525 en sciences. L’étude TIMSS 2015 a été réalisée par l’Association internationale pour l’évaluation de la réussite éducative (IAE). C’est la première fois depuis sa création en 1995 que les élèves de CM1 français y participent. Au printemps dernier, 5 000 écoliers français ont dû se pencher sur ce test. Une mesure reproduite auprès de 48 autres pays.

LE CLASSEMENT TIMSS 2015 N’EST PAS AVANTAGEUX POUR LA FRANCE

La France est donc loin dans ce classement. En tête, les pays de l’Asie. Singapour, Hong Kong, Corée du Sud, Taïwan et le Japon sont les leaders. Premier pays européen à apparaître dans ce classement, c’est l’Irlande du Nord, à la 6e place. Pour ce qui est des autres pays de l’UE, la Slovaquie est juste devant la France. En effet, le podium continental est exclusivement réservé aux pays anglo-saxons. L’Irlande et l’Angleterre sont en effet respectivement deuxième et troisième pour l’Europe au TIMSS 2015.

Pour les Sciences, les cinq pays asiatiques sont encore en tête. Premier pays d’Europe, la Russie. Pour l’UE, c’est la Finlande qui domine avec une 7ème place mondiale. Là, la France améliore son classement avec une… avant dernière place juste devant Chypre. Un constat accablant qui se traduit notamment par des résultats insuffisants (moins de 400), chez 13% des élèves en maths et 12% en sciences. Selon la Depp, l’agence des statistiques du ministère de l’Educationdans un communiqué, ces élèves « ne prouvent pas qu’ils possèdent des connaissances élémentaires ».

LE FRANÇAIS PASSE PLUS D’HEURES MAIS APPREND MOINS

En France pourtant, de nombreux instituteurs expliquent qu’ils consacrent 193 heures par an aux mathématiques. En 2008, le programme évalué à 180 heures les apprentissages nécessaires en Maths, ce qui est au dessus de la moyenne des autres pays du classement (158 heures). Cependant, en Sciences, seulement 56 heures sont consacrées à l’apprentissage. Il est pourtant recommandé de travailler 78 heures dans le programme de 2008. La moyenne européenne étant de 67 heures en Europe.

Ces faibles résultats pourraient être expliqués par le système d’enseignement des professeurs. En effet, ces derniers se disent moins à l’aise que leurs homologues étrangers dans l’apprentissage des maths. Notamment pour « améliorer la compréhension des mathématiques des élèves en difficulté », « aider à comprendre l’importance des mathématiques » ou « donner du sens » à cette matière qui fait pourtant partie des fondamentales à enseigner à l’école.

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29 novembre 2016 2 29 /11 /novembre /2016 19:38

De nombreuses ressources pour l'apprentissage de la programmation

mais pas seulement.

Des éléments de leur présentation 

Scratch

 

Scratch est un outil de programmation visuel. Disponible gratuitement en ligne, il permet de réaliser de rapidement de petites animations et programmes comme des jeux d’arcade. Exemple d’activité, compléter un jeu de labyrinthe. Recommandé par l’Education Nationale, il est néanmoins difficile à installer hors ligne.

Arduino

Arduino est un ensemble de kits de microcontrôleurs open source. Ils permettent de réaliser des petits montages et de prototyper des objets connectés. La version standard demande un peu d’expertise, mais certains kits simplifiés, comme Makey Makey permettent de créer des interfaces physiques amusantes.

 

Processing

Processing est un langage de programmation, particulièrement adapté aux créations visuelles et sonores avec son environnement de développement simplifié. Il est téléchargeable gratuitement en ligne avec de bons tutoriels.

Minetest & Minecraft

Minecraft a réinventé la joie du bac à sable dans un environnement 3D. Le personnage peut construire, creuser et créer à partir de blocks de sable, pierre, bois … Son équivalent libre Minetest offre des possibilités étendues notamment de programmation. Et il y a un module créatures pour ajouter des menaces la nuit comme dans Minecraft. Si, c’est TRES important.

LEGO Mindstorm

Les Mindstorms sont des robot édités par LEGO. Compatibles avec les LEGO traditionnels, ils permettent de créer soit même un robot et contrôler moteurs, capteurs … Comparé aux autres robots sur le marché, comme Thymio, il ont l’avantage de retrouver le plaisir de construction LEGO et une phase d’appropriation, comme dans ce stage de robotique. Pour les plus âgés et élèves ingénieurs, ils offrent des possibilité de programmation étendues. Ils ont l’inconvénient d’être peu accessibles financièrement et avec un logiciel fermé.

Un éditeur de texte

Et oui, l’ensemble du web repose sur du simple texte et un peu d’astuces. Voici une introduction complète (en anglais)

Nous organisons régulièrement des ateliers et stages pour les jeunes, et nous sommes à disposition des structures éducatives pour organiser des sessions de formation. N’hésitez pas à nous contacter: - salut@lesbricodeurs.fr - Marie : 06 43 71 84 33

Page Facebook des ateliers - Les Bricodeurs

--------------------------------------------------------------------

Source : http://lesbricodeurs.fr/AteliersdAda/outils/

Leur page d'accueil : http://lesbricodeurs.fr/

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27 novembre 2016 7 27 /11 /novembre /2016 17:30

Une proposition de Noël Lambert qui a utilisé pour cela Geogebra

Un hexagone régulier génère par ses côtés trois triangles équilatéraux
lesquels génèrent à leur tour six triangles hexagones réguliers

 

 

Ronde en compacté (décompactée)
Ronde en compacté (décompactée)
Ronde en compacté (décompactée)
Ronde en compacté (décompactée)
Ronde en compacté (décompactée)
Ronde en compacté (décompactée)

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27 novembre 2016 7 27 /11 /novembre /2016 00:04

Un exercice sur mathenpoche pour maîtriser les notations qu'on utilise en mathématiques pour Indiquer qu’un point est, ou n’est pas, sur une droite, une demi-droite ou un segment de droite.

Il faut ici bien regarder s'il s'agit d'une droite, d'une demi-droite ou d'un segment de droite pour savoir si le point appartient ou non à celui-ci.

Ici c'est une droite qui est désignée par (QG)

Ici c'est un segment qui est désignée par [NH]

Ici c'est un segment qui est désignée par [XV]

Ici c'est un un segment qui est désignée par [PC]

 

L'exercice

 

Le rappel du cours à propos de ces notations

L'aide animée correspondante

 

Voir aussi

 

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25 novembre 2016 5 25 /11 /novembre /2016 18:42

Cet ensemble d'outils permet de repérer un lieu, puis en donne une carte ainsi que tous les renseignements concernant l'ensoleillement.

Ci-dessous, tout ce qui est fourni par la page

Ici on est sur l'option (visualisation de la) "course du soleil

on peut aussi choisir de voir l'ombre correspondante, ou la hauteur du soleil.

 

 

L'évolution de la course du soleil sur l'année, pour le lieu concerné.

Le graphique du bas montre l'ensoleillement pour la journée concernée (ici le 25 novembre)

Ici enfin, toutes les précisions concernant la course du soleil, en chiffres.

Heure du lever et du coucher (avec toutes les nuances)
et évolution tout au long de la journée.

On voit que, au lieu concerné (Paris*) le soleil se lève à 8h15 et se couche à 17h

 

On pourrait considérer que le Nord, ou le Sud est avantagé.

Il n'en est rien puisque 
si Lille a des périodes plus longues de soleil en été que Biarritz

Un outil (formidable) pour tout savoir (calculs faits) sur la course du soleil, son lever, son coucher, la durée du jour, là où on habite ... ou ailleurs
Un outil (formidable) pour tout savoir (calculs faits) sur la course du soleil, son lever, son coucher, la durée du jour, là où on habite ... ou ailleurs

(Noter surtout la différence au niveau du crépuscule)

au contraire, en hiver le jour est plus court à Lille qu'à Biarritz

...

Pour vérifier 

c'est ici SUNEARTTOOLS

où il y a bien d'autres outils pour les consommateurs et les concepteurs de l’énergie solaire

(Par exemple : pour construire un cadran solaire)

 

 

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Ville choisie pour ne pas divulguer l'endroit où je me trouve (sourire)² et aussi parce que 25% de la population de la France est ainsi concernée.

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22 novembre 2016 2 22 /11 /novembre /2016 18:32

Une animation qui permet de voir comment on peut obtenir un octaèdre, à partir d'un tétraèdre, en lui "coupant ses coins".

 

Mais tout d'abord un dessin qui montre comment obtenir le tétraèdre, par le même procédé, à partir du cube.

(la même image plus grande)

 

L'animation sous geogebra :

 

On peut régler l'opacité des faces avec le curseur "opacité"

Le curseur phase donne

le tétraèdre lorsqu'il est sur 1 

l'octaèdre lorsqu'il est sur 2 

On peut déplacer les points horizontalement ou verticalement (il faut choisir par un clic gauche sur le point)

En appuyant sur clic droit on peut faire tourner la figure

 

Pour la figure en plein écran 

 

Voir aussi 

CUBE - TÉTRAÈDRE - OCTAÈDRE

1 les cinq polyèdres réguliers, avec possibilité d'animation (rotation)  ici ou ici

 

(dans les rubriques suivantes, attendre un peu pour avoir accès aux figures mobiles)

2 le monde du cube

 

3 le monde du tétraèdre

 

4 le monde de l'octaèdre

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21 novembre 2016 1 21 /11 /novembre /2016 22:56

De cet ouvrage sont extraites les figures sans paroles que propose chaque semaine le site "images des mathématiques"

Exemple de figure proposée à observer et pour laquelle il faut faire un commentaire

 

Arseniy Akopyan : Geometry in Figures

Exemple de figure modifiable, pour l'observation de manière à faire un commentaire

(ici établir la vérité de la formule écrite*)

On peut déplacer les points (notamment les centres des cercles).

 

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* démonstration sur Wikipédia 

 

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