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Des rubriques et des lieux

1 juillet 2019 1 01 /07 /juillet /2019 12:15

Proposé par carrefour-education.qc.ca

Le document est téléchargeable aux formats pdf (ordinateur) et epub (liseuse)
ainsi qu'en document open office (modifiable)

précision concernant ces fichiers

L'intelligence artificielle en éducation est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Paternité - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 2.5 Canada.

 

 

(Liens fournis par le site)

Le texte de ce dossier est disponible en format PDF. Cliquez pour télécharger.

Il est aussi disponible en format OpenOffice/LibreOffice. Cliquez pour télécharger.

Et en format ePub pour la lecture sur tablette ou téléphone.  Cliquez pour télécharger.

 

Ou ici en cas de difficulté.

Sur le site il est possible d'accéder directement par lien aux différents chapitres

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3 juin 2019 1 03 /06 /juin /2019 17:59

(Mise à jour le 4 juin pour corriger une erreur. Il ne s'agissait pas d'un article de la Recherche, mais du magazine POUR LA SCIENCE
Mille excuses à l'un et à l'autre.)

René Daumal, dans "La grande beuverie" donnait une description assez fidèle d'une science contemporaine qui prétend être la science et qui n'est en réalité*, principalement (à ses franges subsistent bien sur quelques êtres complets) que le résultat du travail de Scients.
___

* Elle même s'émiette en de multiple spécialités qui peinent (c'est un euphémisme) à la synthèse.
Et dont les modèles explicatifs font souvent penser à ceux mis en place pour expliquer les mouvements rétrogrades de certains corps célestes. (Dont on sait maintenant qu'ils ne sont qu'apparents)

 

“Les Scients prétendent que leur nom vient du latin scire , sciens , de même que le mot science, et qu'il est synonyme de savants. En réalité, il s'apparente à scier , les Scients s'occupant principalement à tout scier, hacher, pulvériser et dissoudre. Les Sophes font venir leur nom de celui de Sophie, qui est leur déesse, célèbre par ses malheurs et ses avatars. On a prouvé qu'en fait le mot n'était qu'une corruption de “sauf”, surnom que les sages leur donnaient jadis pour résumer certaines devises qu'on leur attribuait par dérision, telles que : “je sais tout, sauf que je ne sais rien”, “je connais tout, sauf moi-même”, “tout est périssable, sauf moi”, “tout est dans tout, sauf moi”, et ainsi de suite.

Renée Daumal - La grande Beuverie

Un exemple de ce merveilleux découpage est donné ici dans le dossier spécial de POUR LA SCIENCE sur "la mémoire"

 

Les mémoires de la science

Ce découpage des compétences humaines n'est pas inutile
loin de là

Il permet de définir, en partie, le travail que doivent faire les spécialistes de la robotique et ceux de l'Intelligence Simulée (IA) pour approcher ce qu'est capable de faire un humain ... dont La Mémoire n'est absolument pas compartimentée ainsi (le corps humain étant un lieu de l'analogie (continu) et non, comme la machine, du numérique (discontinu).

A ceux qui seraient sceptiques
je conseille de demander à un chirurgien "Quelle est la limite précise entre l'estomac, ce qui le précède et ce qui le suit, sur le circuit de la digestion des aliments ?"

Suite du passage évoqué plus haut :

– Un lapin et de l’encre rouge! Cria soudain le Professeur en se tournant vers ses assistants. L’un d’eux ouvrit sa valise et en sortit par les oreilles un magnifique lapin russe qui gigotait et grinçait des dents. Un autre apporta un petit baquet de tôle et y mélangea de l’eau avec une poudre rouge.On immergea le lapin et on le sortit écarlate du bain. On l’égoutta, et leProfesseur le souleva à bout de bras par les oreilles.Qu’est-ce que je tiens là ? me demanda-t- il.Un lapin teint en rouge.

Non, jeune homme, non. Ce sont au moins deux cents lapins rouges,comme vous allez voir si vous suivez la bête dans toutes les aventures qui vont lui arriver. Nous allons bientôt pénétrer dans un établissement que j’ai fait aménager pour mes études, sous un prétexte de philanthropie. Des Scients de toute espèce y travaillent à la chaîne. Nous allons leur livrer ce lapin rouge. Vous verrez que chacun aura son lapin et qu’il restera peut-être encore de quoi faire un civet.
Je me laissai conduire. Nous entrâmes dans une galerie qui allongeait devant nous à perte de vue une enfilade de tables de laboratoires.Tous les dix ou douze pas, un Scient vêtu de blanc attendait, armé oud’un scalpel, ou d’une balance, ou d’un chalumeau, ou d’un calorimètre,ou d’un microscope, chacun enfin avec son instrument particulier qu’il ne m’était pas toujours possible de nommer.
– Ils sont à jeun, me dit le savant vieillard.Ils n’ont encore rien eu à se mettre sous l’entendement de toute la journée. Vous allez les voir à la fête.
Il monta sur un petit socle de marbre établi près de l’entrée et, d’une voix claironnante, il annonça :– Messieurs, la chasse de Pan est ouverte !On entendit un roulement de murmures de satisfaction s’enfuir à perte d’oreille, refluer doucement, s’éloigner encore, onduler, s’étaler,s’apaiser et s’éteindre.Dans la gravité du silence Mane, le Professeur Mumu jeta le lapin rougesur la première table.Le premier Scient bondit sur la proie et fit entendre un sifflement admiratif. Il mit l’animal au centre d’un petit labyrinthe aménagé sur le sol avec des planches, disposa sur son passage un brin d’herbe, un fil électrisé, une tasse de lait, un miroir et encore d’autres objets, et se mit à chronométrer les faits et gestes du lapin rouge. Puis il le passa à son voisin et se plongea dans l’étude de ses chronométrages.Le deuxième Scient photographia le lapin sous tous les angles possibles.Le troisième l’égorgea et enregistra ses cris au phonographe.Le quatrième le ressuscita et nota sa tension artérielle.Le cinquième le re-tua et recueillit une goutte de sang qu’il déposa dans un verre.Le sixième le radioscopa.Le septième lui coupa une tranche de poil qu’il plaça sous son microscope.Le huitième le pesa et lui prit un fragment de cervelle.Le neuvième le mesura dans toutes ses dimensions.

 

Le quarante-sixième lui enleva le cœur qu’il fit revivre sur une soucoupe.
Le quarante-septième l’interrogea sur son histoire et sur ses ascendants et, n’ayant pas de réponse, il en improvisa lui-même.
…………………
……………………………………………Le cent unième lui arracha les dents.Le cent deuxième lui donna un nom abracadabrant.Le cent troisième se mit à étudier l’étymologie et la sémantique de cenom.
Le cent quatrième entreprit de compter les poils.Le cent cinquième, impatienté, inventa une machine à compter les poils et la passa au cent sixième.Le cent sixième démonta la machine et en transmit les pièces au suivant.Le suivant remonta les pièces dans un autre ordre et chercha à quoi cette nouvelle machine pourrait servir.Je n’eus pas le courage d’en voir plus long.J’étais surtout en rogne contre le Professeur Mumn.– Il s’est moqué de moi. II m’avait promis un civet. Maintenant, allez donc retrouver le lapin !  » Mais je me fis entendre raison en me disant que je n’aimais pas beaucoup le lapin, surtout sans boire.Le Professeur Mumu me rejoignit. 
– Eh bien, me dit-il, ils l’ont eu, leur lapin rouge! Mais il faut surtout les voir quand on leur donne un homme,· à ces faillis cannibales. D’un seulhomme ils en font mille :homo œconomieus, homo politieus, homo physico-ehimicus, homoendoerinus, homo squelettieus, homo emotivus, homo percipiens, homolibidinosus, homo peregrinans, homo ridens, homo ratioeinans, homoartifex, homo aesthetieus, homo religiosus, homo sapiens, homohistorieus, homo ethnographiecus et encore bien d’autres. Mais au boutde la chaîne de mon laboratoire est installé un Scient unique en son genre. Trois mille cerveaux en un seul. Sa fonction est de rassembler toutes les observations et toutes les explications couchées par écrit par les Scients spécialisés. En ayant fait la somme, il est persuadé qu’il tient dans son entendement le lapin rouge ou l’homme total et essentiel.D’ailleurs, vous pouvez le voir d’ici », acheva-t-il en faisant signe à un de ses assistants qui m’apporta une paire de jumelles.Par la lorgnette, je vis en effet, à l’extrême bout de la galerie,l’Omniscient. C’était un globe crânien énorme avec un petit visage amorphe et chiffonné, qui me parut accroché par les oreilles aux deux boules d’ébène surmontant le dossier d’un trône élevé. Pendeloquant sous la tête, un petit pantin d’étoffe laissait traîner des pantalons videssur le velours cramoisi du siège. Le petit bras droit était maintenu levé par un fil de fer et l’index s’appuyait sur la tempe dans le signe du savoir.Au-dessus du trône courait une banderole portant cette inscription :
 
JE SAIS TOUT, MAIS JE N’Y COMPRENDS RIEN
Saisi de respect et d’effroi, je posai vite les jumelles et demandai auProfesseur :
– Mais l’homme lui-même, que devient-il après cet examen ?
 L’homme lui-même, comme le lapin rouge tout à l’heure, est toujours, « en cours de route, oublié dans une boîte à ordures. »

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3 janvier 2017 2 03 /01 /janvier /2017 20:28

Le journal le monde donne une interview de Cédric Villani, qui n'est pas seulement un grand mathématicien plusieurs fois distingué par ses pairs, mais aussi un brillant analyste du monde en pleine mutation qui ébranle chaque jours nos moindres certitudes.

Parole modérée, conseils avisés, Cédric Villani rappelle quelques réalités méconnues, voire maquillées :

A cette heure, l'intelligence artificielle n'existe pas vraiment

Les compétences qui nous semblent assurer une rente à vie à leurs possesseurs n'auront peut-être cette qualité que pendant dix ans

L'enseignement de la créativité ne se fait pas en classe à travers des méthodes développant la créativité, mais à travers des rencontres multiples dans et hors la classe, de situations, de personnes, ...

Les emplois les moins menacés seront ceux qui nécessitent une habileté fine (qu'elle soit intellectuelle ou autre) et une sensibilité à l'art (sous toutes ses formes)

 

------------------------- L'interview --------------------

Les algorithmes exécuteront-ils la majorité des tâches dévolues jusque-là aux êtres humains? L’avènement de ce monde numérique promet-il un avenir radieux aux futurs mathématiciens ? Cédric Villani, Médaille Fields en 2010 et directeur de l’Institut Henri-Poincaré, à Paris, fait partie des trente-cinq personnalités auxquelles Le Monde a demandé de partager leur vision du futur pour aider les jeunes à trouver leur voie dans un monde en pleine mutation dans le cadre d’O21, ces événements consacrés à l’orientation dont les prochaines étapes se dérouleront à Lille, les 6 et 7 janvier, à Cenon, près de Bordeaux, les 10 et 11 février, à Villeurbanne les 15 et 16 février et à Paris les 4 et 5 mars.

 

Pour un étudiant en mathématiques, le big data ou l’intelligence artificielle sont-ils le nouvel eldorado ?

Ils en ont en tout cas les apparences ! Intelligence artificielle ou « machine learning » sont des mots que l’on entend partout. On promet de mettre de l’intelligence dans les lampadaires, les voitures, les métros… Et de fait, à chaque fois que l’on va essayer de le faire, il y aura un algorithme d’apprentissage derrière. Si bien que le fait de se familiariser avec la culture algorithmique et avec ce mélange de mathématiques et de programmation qui caractérise ce qu’on regroupe sous l’expression « intelligence artificielle » est sans aucun doute une rente.

Une rente à vie ?

Il est impossible de le dire. Dans dix ans, la technologie aura peut-être tellement évolué que ces compétences seront moins nécessaires. Mais c’est aujourd’hui un objet de recherche passionnant, qui amène aussi à se poser la question : « Qu’est-ce que cela veut dire, l’intelligence ? » On a des algorithmes qui marchent de mieux en mieux, mais on ne sait pas toujours vraiment pourquoi ils marchent, ce qu’ils font… Donc cela reste un sujet mystérieux, délicat, chaotique, qui alterne avancées et périodes de stagnation.

Ne pas s’emballer outrageusement, donc ?

Non. Les progrès sont significatifs en ce moment et beaucoup s’enflamment et extrapolent en promettant des choses mirifiques. Or on est encore loin. L’intelligence artificielle reste avant tout un sujet de recherche. Le robot intelligent n’existe pas, en tout cas pas encore. Peut-être émergera-t-il dans quelques décennies, mais au prix d’importants progrès non seulement technologiques mais aussi qualitatifs et théoriques. Pour l’instant nous ne savons produire que des robots très spécialisés.

Qui auront néanmoins un impact sur de nombreux métiers…

Oui, comme n’importe quelle rupture technologique. Les robots sont un acteur de plus dans le jeu, qui enrichit et détruit à la fois. Ils vont éliminer certains métiers et exacerber certaines tensions, entraîner des malentendus, des manipulations, créer des nouvelles occasions d’insécurité, voire de dépendance psychologique comme dans Her [film de Spike Jonze, 2013] – toutes choses qui vont bouleverser la donne. Mais il en a toujours été ainsi lorsque des changements radicaux sont intervenus dans l’histoire des sociétés humaines. Il faut aborder celui-ci avec un esprit ouvert et le voir comme une aventure qui est en train de se passer sous nos yeux et même dont nous pouvons être les acteurs.

Que conseilleriez-vous aux jeunes qui craignent la concurrence des robots ?

Certaines prédictions sont très alarmistes, comme celles de Martin Ford, l’auteur du best-seller Rise of the Robots, paru en 2015 aux Etats-Unis [non traduit]. Il estime qu’une très grande proportion des métiers sera robotisée. Et effectivement, certaines grandes entreprises sont en train de travailler dès maintenant à remplacer la moitié de leur personnel par des robots. Il est certain qu’au moins dans un premier temps, on va assister à un remplacement massif de certains emplois par des robots. Si l’on veut éviter cela, le meilleur moyen consiste à se concentrer sur les secteurs que les robots ne sont pas prêts de toucher, c’est-à-dire ceux qui font appel autant possible à nos neurones, ou à un travail de précision, ou à un savoir-faire dans lequel l’imagination, l’intelligence, la fibre artistique jouent un rôle important.

Comment apprend-on à être créatif ?

Pour commencer, en évitant d’en faire une obsession ! « Créativité » est un mot que l’on entend partout en ce moment, sous forme d’injonction. Il faut être créatif. Or la créativité, d’après moi, vient surtout de la capacité à intégrer beaucoup d’éléments émanant de son entourage, de discussions… C’est une affaire d’environnement, d’interaction avec les autres. En recherche, c’est quelque chose que l’on connaît bien. Le directeur de thèse doit transmettre à son élève la capacité à trouver une solution à laquelle personne n’a pensé. Comment transmettre cette disposition ? Je me souviens d’un conseil que donne Bartabas, le célèbre écuyer, réputé pour sa très grande créativité : « Moi je n’arrive à transmettre que deux choses, l’énergie et le doute. »

Où se former le mieux au monde qui vient ?

Mon conseil, si l’on souhaite avoir un spectre large et pouvoir embrasser les évolutions en cours : commencez par le pointu, par le spécialisé, pour acquérir une compétence quelle qu’elle soit – les secrets de la programmation de haut niveau ou les algorithmes mathématiques sophistiqués. Une fois que vous l’aurez acquise, échangez avec les autres, ouvrez le champ. Et surtout voyagez, et voyagez encore.

A quoi ressemblera l’école de demain ?

L’école de demain, cela reste en premier lieu l’enseignant. Malgré les promesses de cours en ligne révolutionnaires, l’impact de ces enseignements au niveau mondial reste modeste. Pour l’heure, les grandes tentatives menées pour numériser l’enseignement sont plus ou moins des échecs. On voit bien que, finalement, ce qui compte ce n’est pas le médium, la technologie, mais la relation humaine entre l’enseignant et l’élève ou l’étudiant. Cela demeurera ; j’y crois profondément.

En revanche, plus que jamais, l’école doit ouvrir au monde, inviter les jeunes à se frotter à des projets divers, à voyager. Il faudrait généraliser les initiatives de type Erasmus, envoyer systématiquement les étudiants suivre des stages ou des cours dans des environnements différents de ceux auxquels ils sont accoutumés. Je fais partie d’une espèce aujourd’hui rare, celle des fédéralistes européens, qui croient que la seule issue à long terme pour la survie et le rayonnement de l’Europe, c’est l’intégration d’un tout politique plus construit mais pour autant pas uniformisant, et j’ai coutume de dire que l’Europe est une école, une opportunité de formation extraordinaire et que le simple fait de voyager dans des cultures, des systèmes différents est un apprentissage incomparable.


 

Lire aussi :   O21 Lille / s’Orienter au 21e siècle : le programme complet des conférences

 

 

source : http://www.lemonde.fr/o21/article/2017/01/03/cedric-villani-plus-que-jamais-l-ecole-doit-s-ouvrir-au-monde_5057106_5014018.html

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